La Communication Alternative et Augmentative (CAA) regroupe toutes les stratégies et les outils destinés à aider les personnes qui ont des difficultés de langage ou de communication. Autant dire que la CAA est un vaste domaine, qui en plus, a beaucoup évoluée ces dernières années.
Mettre en place une aide à la communication, c’est permettre d'exprimer un besoin, une émotion, faire des choix, des demandes, avoir une conversation... mieux vivre peut-être tout simplement.
Quand on entre dans une démarche de Communication Alternative Améliorée, on ne cherche pas “un outil”.
On cherche avant tout à permettre à une personne de mieux communiquer ou autrement.
Pour guider ces réflexions, on s’appuie sur un cadre de référence en CAA, décrit par Beukelman et Miranda, le modèle de participation, qui part d’un point essentiel : toute personne communique ; intéressons-nous à sa façon de communiquer en contexte naturel et présumons de son potentiel.
En utilisant le modèle de participation, nous ne parlons pas d’évaluations figées, ni d’un choix à vie, nous entrons dans une démarche d’évaluation globale, dynamique et continue.
Cette évaluation globale s’intéresse, d’une part, à situer où en est la personne dans ses besoins pour communiquer, tout en prenant en compte ses aptitudes et ses contraintes, tant langagières que motrices, visuelles, auditives...
L’idée n’étant pas de dresser un bilan de déficits mais bien de comprendre comment la communication peut-être plus efficace pour elle.
Mais cette personne ne communique jamais seule. Elle évolue dans un environnement qui conditionne fortement l’efficacité de la CAA.
Il est donc essentiel d’évaluer aussi cet environnement : quels lieux est-ce qu’elle fréquente, qui sont les personnes qu’elle côtoie... ?
Une attention particulière est portée aux partenaires de communication privilégiés : leurs connaissances et compétences en CAA, leurs attitudes et leurs disponibilités.
L’objectif est d’identifier clairement les barrières à lever et les facilitateurs à mobiliser dans l’environnement.
Ensuite, on rassemble tous les éléments récoltés au cours de cette évaluation globale et on commence à faire des choix, en équipe (personne concernée, famille, pros).
Choisir une ou plusieurs aides techniques.
Définir des stratégies d’accompagnement.
Pas seulement pour aujourd’hui, mais aussi pour demain ; c’est-à-dire, répondre aux besoins immédiats, tout en anticipant l’accès à un outil de communication riche, évolutif, robuste (ou complet).
C’est ce travail qui permet de construire le Projet Individuel de Communication, le PIC.
Le PIC donne une direction.
Il fixe des objectifs concrets et définit des moyens pour aider la personne à utiliser ses outils de plus en plus efficacement, jusqu’à une communication fonctionnelle, la plus autonome possible.
Cela passe par le développement des compétences communicationnelles.
Parfois aussi par d’autres ajustements : améliorer le pointage, le temps de fixation visuelle, trouver d’autres modes d’accès...
Et en parallèle, il est indispensable d’agir sur l’environnement.
Former les partenaires de communication : leur apprendre à utiliser les outils (mais aussi à les paramétrer si besoin, les compléter...).
À modéliser.
À créer de vraies occasions de communiquer.
Agir sur l’environnement suppose aussi que la CAA soit disponible tout le temps.
Que les outils soient transportables.
Que l’environnement soit soutenant : utilisation de tableaux de communication, plannings et séquençages visuels, outils complémentaires comme les Talking Mats ou les cahiers de vie...
Et puis, avec le temps, les choses changent.
Les compétences évoluent.
Les besoins aussi.
La démarche de CAA n’est donc jamais figée.
C’est ce qui en fait un processus vivant, d’évaluation dynamique et continue, d’ajustements permanents.
Avec toujours le même cap : permettre à chaque personne, quelles que soient ses difficultés de communication,
d’exprimer ce qu’elle pense, ce qu’elle veut ou ne veut pas, ce qu’elle ressent,
d’être en situation de pleine participation sociale.
